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l'Express DisnatDirect
Avril 2008


Ce mois-ci, nous vous offrons un échantillon du « Focus », un document de recherche publié mensuellement par le Département de Recherche de Valeurs mobilières Desjardins.

Le « Focus » contient un éditorial écrit par Peter Gibson, Vice-président Analyste Senior et Chef du Groupe Stratégie de Portefeuille et Analyse technique de Valeurs mobilières Desjardins, ainsi que des recommandations d’achat et/ou de vente et les titres favoris du Département de Recherche de Valeurs mobilières Desjardins.

C’est un des nombreux documents de recherche offerts gratuitement à tous les clients de Disnat. Si vous n’êtes pas encore un client de Disnat, voici un aperçu de ce que vous manquez.


StratÉgie pour l’Épargnant  
Peter Gibson

Peter Gibson
Directeur, Stratégie et
recherche quantitative
À la mi-janvier, les craintes d’une propagation de l’endettement ont fait dégringoler les marchés à l’échelle mondiale. En vérité, les problèmes dominants aux États-Unis émanent du marché de l’habitation qui demeure faible, comme en font foi les ventes de maisons existantes qui ont baissé de 22 % en décembre, en dépit du fait que les prix médians se soient repliés de 6 % par rapport à l’année précédente. Exprimée en pourcentage, cette baisse du prix des maisons est vraisemblablement la plus marquée depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle équivaut à une perte de richesse d’environ 2 billions $ US pour les consommateurs américains (Robert Shiller). Cette situation est critique quand on pense que ces derniers représentent à eux seuls environ les deux tiers de l’économie américaine. Bien que la baisse du prix des maisons s’accélère, la diminution de 7 % à 3,9 millions d’unités des stocks de logements en décembre dernier se veut un signe encourageant. Les stocks qui représentaient 10,8 mois de ventes en octobre se sont resserrés pour se situer à 9,6 mois en décembre dernier.

La baisse des prix des maisons et l’affaiblissement de l’économie incitent les propriétaires à répudier l’équité négative de leur propriété. Selon un sondage réalisé par la Mortgage Bankers Association, le taux de délinquance au 3e trimestre était à son niveau le plus élevé depuis 1986. Pendant ce temps, les nouveaux cas de forclusion gagnaient en nombre et le pourcentage de prêts en processus avancé de forclusion atteignait des sommets inégalés. Malgré tout, la faiblesse du marché de l’habitation aux États-Unis découle essentiellement des hypothèques à risque à taux variable qui ne représentent que 6,8 % des prêts en cours, mais 43 % de toutes les forclusions. Si les hypothèques à risque représentent seulement 13 % des prêts hypothécaires en cours aux États-Unis, plus de 16 % de ces prêts accusent aujourd’hui des retards au chapitre des paiements. Malgré tout, les propriétaires de maisons aux États-Unis qui détiennent des hypothèques à taux variable, lesquels comptent pour environ 62 % des forclusions de maisons, devraient tirer parti des baisses de taux substantielles décrétées par la Réserve fédérale (Fed) totalisant 125 points centésimaux en janvier dernier et 225 points centésimaux depuis septembre 2007.

Nous évaluons à environ 200 G$ US les réductions de valeur et les pertes sur créances ayant été comptabilisées par les sociétés financières à l’échelle de la planète depuis l’automne dernier. Ces décrues ont été activées par la crise des prêts hypothécaires à risque, phénomène ayant été partiellement contrebalancé par l’injection d’environ 75 G$ US de capitaux frais dans le système financier américain – gracieuseté en grande partie de fonds souverains. Malgré tout, la diminution de 125 G$ US de capitaux propres figurant aux bilans des institutions financières fait en sorte que, sur la base d’un coefficient de couverture de 10 %, il y a environ 1,25 billion $ US en moins à prêter. Combiné aux pertes de valeur nette de 2 billions $ US des propriétés, la perte totale atteint donc les 3,25 billions $ US. Il s’agit là d’un montant significatif, même pour les États-Unis dont la valeur de l’économie est évaluée à 14 billions $ US. Heureusement, les injections de capitaux et la prise de contrôle de Countrywide par Bank of America diminuent les chances d’un « scénario cauchemar » dans le cadre duquel la faillite d’une importante société financière contaminerait, par le truchement des produits dérivés, l’ensemble du système financier. Autre développement positif, une solution semble vouloir émerger qui permettrait de refréner la rapide détérioration des bilans des assureurs obligataires américains. Dans ce cas précis, la crainte émane du fait que des obligations municipales et des dettes structurées d’une valeur totale de 2,4 billions $ US, garanties par ces mêmes assureurs obligataires, pourraient se voir priver de leur précieuse cote de solvabilité AAA.

À la mi-janvier, le TSX s’est replié de 11,4 %, ce qui constituait la troisième perte en importance sur une période de cinq jours consécutifs de bourse, depuis le krach de 1987. De son côté, le S&P 500 accusait une perte de 19 % par rapport au sommet atteint en octobre 2007. Prise de panique à la vue des marchés qui plongeaient à l’échelle de la planète, la Fed a réduit les taux d’intérêt de 75 points centésimaux lors d’une rencontre inopinée tenue le 22 janvier 2008, soit une semaine en avance sur la séance courante. Il s’agissait de la première rencontre non planifiée à se tenir depuis 2001, et de la plus importante baisse de taux à avoir été annoncée lors d’une réunion de la Fed depuis le mois d’octobre 1984, soit au moment où les taux d’intérêt se situaient à 11 %. Bien que ces actions aient contribué à stabiliser les marchés, il est bon de se rappeler que la baisse de taux de 50 points centésimaux annoncée d’urgence en 2001 n’a pu prévenir la baisse prolongée des marchés en 2000-2002, période au cours de laquelle le S&P 500 a perdu 50 % de sa valeur.

Une semaine plus tard, la Fed a fait ce que l’on attendait d’elle en réduisant les taux de 50 points centésimaux à 3 %. C’est donc dire qu’en un peu plus d’une semaine, la réduction des taux s’est chiffrée à 125 points centésimaux. Grâce à cette réduction draconienne, la Fed est finalement parvenue à ramener les taux à court terme à un niveau inférieur aux taux à long terme et ainsi à normaliser la courbe de rendement, le rendement des obligations américaines à 10 ans étant d’environ 3,6 %. Depuis que la Fed a renoncé de relever les taux en juin 2006, la courbe de rendement affichait une pente négative (signe généralement précurseur d’une récession ou d’un ralentissement de la croissance économique).

Pour l’heure, l’élément le plus constructif tient du fait que nous sommes plongés, depuis septembre dernier, dans un cycle de réduction de taux par la Fed. La courbe de rendement est redevenue positive (taux à court terme inférieurs aux taux à long terme), situation normale pour une économie en croissance. Ceci aidera également les banques (lesquelles empruntent généralement à court terme et prêtent à long terme) à réaliser suffisamment de profits sur les écarts de taux pour couvrir les pertes sur prêts, et ce, même si l’économie est en récession. Comme ce fut le cas entre 2000 et 2003, l’or, le pétrole et les autres produits de base ont été les principaux bénéficiaires des réductions substantielles de taux à l’échelle de la planète. L’or et l’argent comptant, c’est du pareil au même. Pour l’heure, les investisseurs qui détiennent des dollars américains ne disposent d’aucune protection contre l’inflation. Par conséquent, le coût associé à la détention du métal précieux est désormais nul.

De façon implicite, la Fed a annoncé récemment qu’elle laissait en plan son mandat de stabilité des prix pour permettre à l’économie de poursuivre sa croissance. Publiées en février dernier, ses plus récentes prévisions économiques faisaient état d’une diminution du rythme de croissance de l’économie dans une fourchette variant entre 1,3 et 2 % en 2008, et ce, en comparaison de ses prévisions de 1,8 à 2,5 % datant du mois d’octobre 2007.Parallèlement, la Fed a relevé ses prévisions à l’égard de l’inflation de base d’une précédente fourchette de 1,7 à 1,9 % en faveur d’une nouvelle plage de 2 à 2,2%, soit au-dessus de sa propre zone de confort de 1 à 2 %.

Despite growing US weakness however, the Canadian economy added 46,000 jobs, proportionately more than the US has added in years; this caused the Canadian unemployment rate to drop to 5.8%, a 33-year low. Why the disparity? While Central Canada is being hurt by the 61% appreciation of the Canadian dollar over the last five years and the growing weakness in the US, tax cuts and now subprime-induced interest rate cuts are helping Canada to offset this weakness. Crucially, the Canadian housing market lags the US market and never became as overbuilt because it avoided the aggressive lending practices associated with US subprime loans. New home prices still rose 6% in Canada in 2007.

L’augmentation soutenue des prix des produits agricoles et le retour des cours pétroliers à 100 $ US le baril font en sorte que la Fed est prise au piège : à la suite de la réduction la plus marquée des taux des 24 dernières années (-125 points centésimaux à 3 % en janvier dernier), le taux des fonds fédéraux s’avère désormais inférieur de 150 points centésimaux au taux d’inflation de 4,3 %, soit environ -150 points centésimaux sur une base réelle. Dans le passé, hormis durant le cycle inflationniste des années 1970, cette limite s’est établie à -200 points centésimaux, même en période de récession. Au cours des années 1970, la Fed a abaissé les taux jusqu’à 400 points centésimaux sous le taux d’inflation. Des taux aussi bas ont rapidement fait dégrader la valeur de la devise américaine, ce qui a donné lieu à un taux d’inflation de 10 % à la fin de la décennie et contribué au raffermissement du prix de l’or de 35 à 850 $ US l’once. Par conséquent, même si l’on devait assister à une intensification des pertes d’emplois ou encore à d’autres pertes massives du côté des banques, nous sommes de l’opinion que la Fed approche rapidement de la frontière marquant la fin du cycle de baisse des taux, à moins que ne survienne un repli significatif de l’inflation.

En dépit de la faiblesse croissante de l’économie américaine, 46 000 nouveaux emplois ont été créés au Canada. Toute proportion gardée, ce rythme s’avère supérieur à celui observé ces dernières années aux États-Unis. Du coup, le taux de chômage a récemment diminué au Canada pour s’établir à 5,8 %, soit le niveau le plus faible depuis 33 ans. Comment expliquer pareil écart? En un sens, le Canada central souffre de l’appréciation de 61 % de la devise canadienne survenue au cours des cinq dernières années et de la faiblesse croissante de l’économie américaine. En revanche, les réductions d’impôts et les récentes baisses de taux induites par la déconfiture des prêts hypothécaires à risque aident le Canada à contrecarrer cette fragilité. Essentiellement, le marché de l’habitation canadien accuse un retard face à son pendant américain et n’a jamais atteint un niveau de saturation aussi prononcé que celui-ci du fait que ces acteurs ont évité de s’adonner à des pratiques d’octroi de prêts agressives s’apparentant aux prêts hypothécaires à risque aux États-Unis. En 2007, le prix des maisons neuves était en hausse de 6 % au Canada.

Contrairement à ce qui s’est produit aux États-Unis, l’inflation a démontré des signes d’apaisement au Canada en janvier dernier dans la foulée notamment de la réduction de 1 % de la TPS et de l’appréciation de 17 % de la devise canadienne sur l’ensemble de l’année 2007. L’indice de référence a progressé de seulement 0,1 % et était en hausse de 1,4 % par rapport à l’année précédente, ce qui s’avère nettement sous la cible de 2 % de la Banque du Canada. Par ailleurs, l’inflation globale s’est également repliée de 2,4 % qu’elle était en décembre 2007 à 2,2 %, par rapport à 4,3 % aux États-Unis. La Banque du Canada a donc le champ libre pour y aller de nouvelles baisses de taux en 2008. À cet égard, malgré un bilan plus reluisant sur le plan de l’inflation, la Banque du Canada accuse toujours un certain retard face à la Fed avec une baisse de seulement 50 points centésimaux des taux, comparativement à 225 points centésimaux pour la Fed.

En dépit de la faiblesse croissante de l’économie américaine, la rentabilité du TSX coantinue de s’accroître d’un quart d’écart type par trimestre : le RCP s’établit désormais à 18,3 %, contre environ 21 % pour le S&P 500. Cette augmentation de la rentabilité, l’indice TSX la doit à Rogers, aux assureurs-vie, au secteur de l’agriculture (Potash et Agrium), à RIM de même qu’aux producteurs d’énergie dont les bénéfices sont en croissance par rapport aux résultats en forte baisse dégagés lors du troisième trimestre de l’exercice précédent.
 
« Grâce à cette

réduction

draconienne, la

Fed est

finalement

parvenue à

ramener les

taux à court

terme à un

niveau inférieur

aux taux à long

terme et ainsi à

normaliser la

courbe de

rendement. »

Avis au lecteur : le présent bulletin est transmis uniquement à titre de renseignement. Les placements doivent être sélectionnés en fonction des objectifs de chaque investisseur. Disnat n'émet aucune recommandation quant à un produit, à la pertinence ou à la valeur potentielle d'un placement donné, ou à une stratégie spécifique. La forme masculine est utilisée pour alléger le texte.

Les opinions émises dans les articles signés sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position officielle de Disnat.

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